Bougainvillier Blanc
Après une nuit blanche dans l’avion qui nous a offert un
dernier regard sur la métropole française, nous avons atterri hier matin à St
Denis la Réunion. Les premières
retrouvailles se font au tapis bagage, comme avec Yann qui est responsable de
la logistique pour l’IPEV. Nous rencontrons également Fabrice, envoyé pour la
réserve naturelle des TAAF et qui séjournera quelques mois à Kerguelen. Nous rentrons
petit à petit dans le vif du sujet.
Aussitôt accueillis à la sortie de l’aéroport, nous sommes
acheminés de St Denis (grande ville très bétonnée pas vraiment attirante d’après
le bref regard que nous avons pu poser sur elle) vers St Pierre où se trouve le
siège des TAAF. Bérengère, notre chauffeur, nous offre un petit détour vers Le
Port (c’est le nom de la ville) où est amarré notre taxi : le Marion
Dufresne. Pas le temps ni le droit de trop s’en approcher, ça sera pour
vendredi ! Mais déjà, le voir en vrai nous permet de prendre conscience, enfin, de
la réalité de ce à quoi nous nous préparons depuis des mois.

Le reste de la route se confond en images de falaises à
gauche et d’océan moutonnant d’écume à gauche, la fatigue ayant pris le dessus
pendant le reste du trajet. Après avoir
expérimenté les traditionnels bouchons de la circulation réunionnaise, nous
faisons un bref passage au siège des TAAF avant de rejoindre l’hôtel où nous
passerons les deux nuits suivantes.
Manque de pot, nous arrivons sur place à
12h03, or l’accueil ferme à 12h00 – première leçon : à la Réunion, l’heure
c’est l’heure ! C’est donc chargés de nos 45 kilos de bagages respectifs
que nous débarquons dans le petit restaurant mitoyen, encore tout puants de cette nuit
inconfortable.
Règles de bonne conduite
dans les toilettes des TAAF
Ty-Bibou - mon avatar - au restaurant St Hilaire

Eau cristalline, chaleur de piscine,
coraux décorant la plage… Un arrière-goût de vacances nous fait presque oublier
que nous ne sommes là que de passage, et loin d’être en congé payé ! Sitôt
sortis de l’eau, le vent nous chasse bien vite de la plage où le sable blanc se
transforme en père fouettard, offrant une séance de gommage pour le moins désagréable J
Fleur de cactus venant jouer à cache-cache derrière mes rideaux
Le reste de la journée se poursuit sur le même thème. Nous
retrouvons Camille, une amie de Philippe (le BibCro – médecin de Crozet en
langage sub-antarctique), infirmière venue expérimenter la vie Réunionnaise, et
notre guide improvisé nous entraîne vers les petits coins typiques de St Pierre :
le marché couvert malgache (et ses bâtons de vanille embaumant délicieusement
les lieux, à 5 euros les 12 pièces !), la plage, les baraques de vendeurs
de samoussas, etc…
Le marché couvert malgache
Coucher de soleil sur la plage de St Pierre
Si bonne soirée que certains ont un peu mal aux cheveux ce
matin (j’ai ouï dire que le repas s’est fini avec quelques mojitos et ty-punch – j'avais déjà abandonné pour rejoindre les draps frais de ma
chambre d’hôtel). Un vent terrible souffle depuis hier sur la Réunion, et tous
les kite-surfeurs sont de sortie et nous offrent un spectacle impressionnant. Dans
les rues, arbres à pain et cocotiers menacent les passants à chaque instant d’un
traumatisme crânien, et il est quasi-impossible de prendre une photo en fleur
sans obtenir autre chose qu’un flou artistique. Mais la fraîcheur qu’il
véhicule et loin de me déplaire, vu la chaleur accablante pour la petite
bretonne que je suis.
Grand vent dans les cocotiers - attention aux chutes de noix !
Nouvelle visite au siège des TAAF aujourd’hui, dernières rames de paperasse à signer (les joies renouvelées de l’administration), avant de retrouver ce soir Martin, le médecin qui sera sur le Marion Dufresne (en gros, LA personne avec qui bien s’entendre pour entretenir le stock de tablettes de chocolat sur base J) ainsi que Johan, son prédécesseur .
Vive la paperasse !
Joëlle (BibAms) et Philippe (BibCro)
Je crois que je commence enfin à prendre la mesure de ce qui
m’arrive. Et pour le moment c’est surtout un peu effrayant… Comme si jusqu’à
présent je n’avais regardé que la face émergée de l’iceberg, admirant sa beauté
d’apparence inoffensive. Et d’un seul coup, je prends conscience de toute la
partie submergée, bien plus importante, sombre et parfois traîtresse. Mais avant
tout, je réalise que cet iceberg, cette beauté glacée, c’est là-bas que je me rends. Je ne vais pas que passer à distance respectable pour le plaisir
de le photographier. Oh non, je vais y poser les deux pieds, ma tête, et m’y
installer. Pour un bon moment – l’équivalent d’ 1/25ème de ma vie.
En même temps, parler d’iceberg à la veille de prendre un bateau,
ça n’est peut-être pas très malin J.
Je suis révoltée, on peut pas pêcher dans les toilettes à la Réunion ! Tous mes projets de vacances s'effondrent...
RépondreSupprimer