Partout en France métropolitaine et d’outre-mer, mairies et lieux publiques se retrouvent aujourd'hui parés des couleurs du drapeau tricolore, pour célébrer la prise de la Bastille, l’un des symboles de la naissance de la République Française.
Une fois de plus, Port Aux Français ne fait pas exception à la règle.
Pour Kerguelen, où tous les hivernants de la mission 62 sont réunis sur base depuis hier après-midi, les festivités ont commencé dès le 13 au soir, avec le traditionnel bal des pompiers.
L’espace d’un instant, nous nous serions cru revenus à l’époque de la MidWinter, la salle de Totoche de nouveau parée de mille couleurs (enfin, surtout bleu blanc et rouge), de guirlandes de lumière, de lampions, et même d’un superbe stand de crêpes où Pascal (chef Centrale) et moi avons assuré le service de crêpes salées et sucrées durant toute la soirée – pendant quelques heures, à l’ombre d’un drapeau breton, je me serai presque crue rentrer à la maison, à l’autre bout du monde, dans cet autre finis-terre. Papounet a brillamment animé cette soirée avec le jeu de la Bourriche (généreux filet garni dont on doit déterminer le poids – celui qui en est le plus proche remporte le tout ! Félicitations à JC avec une estimation juste à 144g près !) puis un Loto qui a mobilisé une bonne partie des hivernants.
Bienvenue à TyKrampouz !
Une crêpe à oeuf-fromage ? Brouillé ou sur le plat ?
Une fois les estomacs rassasiés et les lots remportés, place à la soirée dansante pour une bonne partie de la nuit...
Ce qui explique certains regards un peu égarés ce matin.
Comme pour chaque cérémonie officielle, nous nous retrouvons tous dans le hall de TiKer avant de rejoindre le mât des couleurs. D’un côté les hivernants en tenue civile, de l’autre les militaires en costume et casquette, alignés face à l’adjudant-chef Abdou, le chef infra et adjoint du DisKer.
Lorsque nous avons fêté le 8 mai, il y a deux mois et demi, sous une pluie torrentielle, je m’étais fait la réflexion que la boucle serait bouclée si nous faisions un 14 juillet sous la neige. Et bien, il faut croire que ce jour-là un petit Korrigan s’était perché sur mon épaule, et qu’il était plutôt de bonne humeur cette nuit, puisque ce matin j’ai eu le plaisir de découvrir, au réveil, la base recouverte sous quelques centimètres de neige. Des averses de neige n’ont pas cessé d’obscurcir le ciel toute la matinée, mais au moment où retentissait la musique annonçant le début de la cérémonie, une belle éclaircie fit pleuvoir ses rayons de soleil sur le mât des couleurs et l’ensemble des hivernants réunis autour.
Revue des troupes par les autorités de Kerguelen
Après une revue des troupes par les autorités – à savoir Abdou, Patrick le chef de District, Laëtitia le médecin-chef, et Baptiste le Géner, représentant de l’IPEV – Tony et Gwen hissèrent le drapeau français au mât des couleurs, au son de la Marseillaise.
Pendant que l’un des rares pavillons encore intacts (ils ne résistent pas longtemps au vent par ici) montait lentement vers le ciel bleu, les militaires saluent, chacun à leur façon : main au front pour l’armée de terre, tête nue pour la marine, casquette conservée pour l’armée de l’air.
S’ensuivit un discours de la part de notre DisKer, puis Abdou fit disposer ses troupes et c’est ainsi que nous avons regagné la chaleur réconfortante de TiKer.
Une fois de plus, l’équipe cuisine nous a préparé un repas digne d’une fête nationale, table en beauté et paëlla agrémentée des dernières langoustes d’Amsterdam (nos frigos commencent à se vider sérieusement !).
En dessert, Pascal le pâteux a encore fait des merveilles avec un superbe vacherin aux couleurs de la République Française.
Ici plus qu’ailleurs, où la présence militaire a pour fonction, entre autre, d’assurer la souveraineté de la France, l’importance de la « Nation » se fait sentir : il est bon de se souvenir d’où nous venons, pour qui nous sommes là, et grâce à qui : ce petit bout de terre à l’extrême ouest de l’Europe, à 13 000km d’ici.
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